Mon histoire avec la médiation

L’idée de créer une activité pour aider les gens à résoudre des problèmes autrement que par la voie judiciaire m’est venu depuis le début des années 2000.

J’étais alors étudiant en droit (maîtrise Droit International Paris I), et je voyais des justiciables passer beaucoup de temps, d’énergie, d’argent, engouffrer une charge mentale considérable, à essayer de gagner une bataille. Ils s’étaient engagés dans une logique de combat, où l’un des deux devait gagner, l’autre devait perdre. Tout cela devait être décidé par un juge, au cours d’une procédure qui pouvait durer des années. Jamais je n’ai vu quelqu’un être enthousiaste en parlant de son procès.

J’ai toujours eu l’impression qu’il y avait bien des cas où, si les personnes voulaient bien se parler, et reconnaître qu’elles avaient un problème commun et un intérêt commun à en sortir, il y avait moyen de faire autrement. Je m’imaginais intervenir et essayer de convaincre les gens que cela était possible. J’imaginais alors un lieu, neutre, où je les inviterais à venir pour simplement dire les choses, sans pression.

Ce lieu, dans mes rêveries, prenait la forme d’un tapis auquel on accéderait comme accèdent les combattants d’un art martial, pieds nus et mains ouvertes. Mais alors chacun acceptait un principe de courtoisie, de non-aggression. Un nouvel espace de possibles

Et l’on se parlait, ma présence ayant vocation à faire respecter ces principes et distribuer la parole. J’imaginais que cela était déjà la moitié du chemin de fait pour pouvoir trouver un accord. Et si la parole se remettait à circuler, grâce à l’intervention du tiers et à la bonne volonté de chacun, je me disais qu’on pourrait s’orienter vers une solution élaborée par les personnes qui sont par définition les plus concernées. Et donc forcément la solution leur conviendrait. Il n’y aurait pas de vainqueur, ou plutôt il y en aurait deux. Et cette approche aurait l’avantage d’être rapide, économique, et de préserver la relation

Je nommais sans le savoir la médiation telle que je la pratique aujourd’hui. 

Cette belle idée resta à l’état de belle idée pendant de nombreuses années où j’ai connu diverses activités professionnelles ( restauration, e-commerce, électricité, sophrologie, social). Je rencontrais pourtant souvent de nombreuses situations de tension relationnelle (entre voisins, en entreprise, dans les familles), où beaucoup d’énergie était en souffrance du fait du manque de communication

J’ai eu le plaisir de suivre la formation qui m’a semblé la plus sérieuse et qui s’est avérée riche et intéressante (le DU de l’IFOMENE,Paris), J’ai pratiqué la médiation d’abord de façon informelle autour de moi (associés ne sachant pas se séparer, bail commercial en souffrance), puis dans le cadre des conflits de voisinage pour Bordeaux Métropole Médiation, puis lors d’une expérience d’une année comme médiateur social dans le quartier des Aubiers.

 Le phénomène de conflit m’est apparu comme ayant une dynamique qui répond à des logiques récurrentes. Il y a une situation, deux façons de la voir, deux positions qui se créent. Et quelque chose se bloque. 

Le recours à la parole est, dans la médiation, l’opportunité de rendre compatibles ces deux façons de voir, en prenant conscience de l’intérêt commun à sortir de la confrontation.

Je vois le conflit comme une énergie accumulée qui, si elle est mal gérée, peut devenir destructrice. Mais, bien abordé, le conflit peut se transformer en une opportunité de changement positif. Ce sont les personnes elles-mêmes qui détiennent les clés de la résolution du conflit. Cependant, une aide extérieure est parfois nécessaire pour leur permettre de prendre du recul et de retrouver un dialogue constructif.

Mon rôle est de vous accompagner dans cette démarche en combinant une approche humaine et sensible, essentielle pour comprendre les émotions en jeu, avec un processus rigoureux et structuré pour parvenir à des solutions concrètes.

 La puissance libératrice d’un process bien mené, sa rapidité, que j’ai rencontrées dans ces expériences m’ont convaincu de m’engager pleinement dans cette activité. 

 Et j’ai créé interMède 🙂